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Découverte d’outil

Nomos : l’IA hors ligne pour avocats, que dit vraiment l’offre ?

ÉI Équipe IAHDF 20 min de lecture Mis à jour le 27 septembre 2026 Intermédiaire

Nomos propose une machine d’IA installée dans le cabinet, présentée comme jamais connectée à Internet, pour analyser, synthétiser et préparer des projets d’actes sans envoyer les dossiers à un cloud. Cette fiche lit le site public au 27 septembre 2026. IAHDF n’a pas installé l’appareil, n’a pas mesuré la qualité des réponses, et n’est pas rémunéré par l’éditeur. Ce n’est ni un audit, ni un conseil déontologique.

Ce que cette fiche peut dire

Le site Nomos s’adresse d’abord aux avocats, puis aux directions juridiques. La promesse : une machine dans les murs, sans chemin pour faire sortir les dossiers. Trois usages : analyser des pièces, en tirer l’essentiel, rédiger un projet que le juriste reprend. L’accès par badge NFC est une option. Le visuel est légendé comme une projection de produit, pas comme un compte rendu d’essai.

IAHDF décrit l’argument et le traduit en questions d’achat. IAHDF ne confirme pas qu’une machine livrée est isolée, ni qu’un modèle local tient la comparaison avec un grand assistant sur une consultation réelle. Aucune phrase du type « nous avons chronométré » ou « tel barreau a signé » ne figure ici : ce serait inventé. L’article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 est invoqué par l’éditeur. Le rappeler aide à lire l’offre. Dire si une installation est conforme pour un cabinet donné relève de l’ordre et d’un conseil qui a lu le contrat.

Le constat affiché

La page indique « Barreaux français · 1er janvier 2025 », puis 77 190 avocats tenus au secret, et affirme qu’aucun ne dispose aujourd’hui de sa propre IA coupée d’Internet. C’est l’accroche du site, pas un recensement refait par IAHDF. Un cabinet peut déjà faire tourner un modèle ouvert sans l’appeler Nomos.

Trois griefs suivent. La confidentialité due au client, et l’idée qu’envoyer des pièces vers une IA cloud est déjà un risque déontologique. Des outils grand public hébergés à l’étranger, cités comme exposés au Cloud Act. Des offres « souveraines » qui resteraient un abonnement chez un tiers, même en France, plutôt qu’un outil possédé par le cabinet. Le fil est net : le problème n’est pas seulement la nationalité du serveur, c’est qu’un autre détienne le traitement. Ce diagnostic recoupe quelles données confier à une IA. Il ne faut pas coller l’article 66-5 sur toute direction juridique : le secret de l’avocat et la confidentialité d’une entreprise ne sont pas le même régime. Le site traite d’ailleurs les directions juridiques à part, avec un argument plus général.

Le périmètre décrit

La machine vivrait dans le cabinet, « sans carte réseau active vers l’extérieur ». Trois formules reviennent : aucune carte active vers l’extérieur ; aucun hébergeur et aucun sous-traitant IA ; la machine appartient au cabinet. Le déroulé tient en quatre temps. Le juriste pose sa question et choisit les documents. Nomos prépare les contenus locaux. Les modèles calculent sur place. Le juriste valide et reste responsable du texte qui sortira.

Chaque formule appelle une question de visite. « Pas de carte active vers l’extérieur » n’est pas « aucun réseau ». Le poste peut être sur le réseau interne, et ce réseau a souvent une box. Demandez le schéma : carte retirée ou désactivée, Wi-Fi, Bluetooth, USB, imprimante, sauvegarde. « La machine nous appartient » règle le matériel, pas la licence du logiciel, ni le sort de l’outil si l’éditeur s’arrête. « Aucun sous-traitant IA » se lit dans le contrat et le registre, pas seulement dans une foire aux questions. Pour une étude à Lille, Amiens ou Saint-Omer, le geste est le même : trois phrases signées, schéma à côté. Si personne ne peut dessiner le chemin d’une pièce, la démo est en avance sur l’offre.

Analyser, synthétiser, rédiger

Analyser des pièces sans les faire sortir. Synthétiser points, chronologies, pièces clés. Rédiger un projet à partir des modèles du cabinet. Ce tri ne promet ni plaidoirie clé en main ni jurisprudence du jour. Un modèle invente des références et lisse un fait absent des pièces, qu’il soit local ou non. Le hors ligne change la fraîcheur, pas le devoir de relire : une machine coupée d’Internet ne va pas chercher un arrêt de la veille. Elle travaille sur vos documents et sur ce que le modèle savait à l’installation. Pour une chronologie de pièces déjà là, c’est souvent le bon outil. Pour « que dit la Cour de cassation depuis le printemps », c’est une recherche classique, puis une vérification.

Sur la rédaction, le détail utile est « à partir de vos modèles ». Demandez comment ils sont déposés, qui peut les modifier, et si le projet est marqué comme brouillon. Un associé qui signe sans relire n’est pas protégé par l’absence de carte réseau. Refusez la démo sur un dossier miniature. Apportez des pièces fictives, longues, mal numérisées, avec une contradiction au milieu. Le contrôle des réponses inventées est celui de la fiche hallucinations.

Les réponses aux associés, lues de près

La page anticipe six questions. En résumé : les données ne sortiraient pas, faute de connexion et de sous-traitant ; le dispositif viserait l’article 66-5 parce que le cabinet possède l’équipement dans ses locaux ; le Cloud Act supposerait un opérateur américain qui détient les données ; le cabinet resterait seul responsable RGPD, ce qui simplifierait registre et analyse d’impact ; les poids ouverts seraient téléchargés une fois, audités, exécutés hors ligne, et remplaçables par un modèle européen dès « le niveau requis » ; les mises à jour arriveraient physiquement, jamais par une liaison permanente.

La dernière réponse ouvre une porte que le slogan ferme. Si une équipe vient mettre à jour modèle et logiciel, quelqu’un d’extérieur touche la machine. Cela ne ruine pas le périmètre fermé. Cela le précise. Que voit le technicien ? Le disque est-il chiffré ? L’intervention est-elle journalisée ? Quel engagement de confidentialité lie les intervenants ? Posez cela avant de répéter « rien ne sort » en réunion d’associés.

Cloud Act et RGPD se lisent de la même façon : thèses de l’éditeur, pas des décisions qu’IAHDF certifierait. « Pas d’opérateur américain » se discute à partir du contrat réel, y compris la maintenance. « Seul responsable, sans sous-traitant IA » allège peut-être la chaîne, comme le dit le site, mais n’efface pas le registre : un dossier contient des données de clients et de tiers. Le lieu du calcul ne les fait pas disparaître. Cadre : la fiche données et les ressources de la CNIL (https://www.cnil.fr).

Sur les modèles, la page répond à l’objection « ils sont chinois » sans nommer, sur l’accueil, le fichier servi le jour de la lecture. Trois faits publiés : poids ouverts, passage unique, exécution hors ligne après audit ; possibilité de changer ; seuil flou pour un modèle européen. Demandez le nom, la version, la date, la licence (licences ouvertes) et ce que couvre « audités ». Un modèle qui ne peut rien émettre ne règle ni la licence, ni la qualité du français juridique. Ne déduisez pas depuis cette fiche qu’il s’agit de tel poids célèbre. Le contexte des familles de modèles est dans la fiche modèles chinois : elle ne désigne pas le choix de Nomos.

Ce que la page affirme, et la pièce à demander
Affirmation du sitePièce à obtenir avant de décider
Aucune connexion vers l’extérieurSchéma : cartes, Wi-Fi, USB, sauvegardes, réseau interne
La machine appartient au cabinetFacture, licence logicielle, sort de l’outil si l’éditeur s’arrête
Pas de sous-traitant sur l’IAContrat de maintenance et qualification pour le registre
Modèles audités, hors ligneNom, version, date, licence, compte rendu d’audit
Mises à jour physiquesQui entre, ce qu’il peut lire, journal, confidentialité
Le juriste valideMarquage brouillon, épreuve sur pièces fictives contradictoires

Ce que le hors ligne ne règle pas seul

Couper le réseau réduit une famille de risques : le collage vers un compte personnel, le prompt chez un hébergeur, la dépendance à une API dont les conditions changent. C’est le sujet de local ou cloud. Nomos en est une forme radicale : pas de chemin réseau sortant, éditeur qui assume l’installation. Pour un métier sous secret, cela répond mieux qu’un abonnement grand public. Les copies restent possibles par clé, impression, photo d’écran, ou mail « je finis à la maison ». Le NFC est un début d’habilitation, pas une politique. Écrivez qui ouvre un dossier, comment on retire un départ, où sont les sauvegardes, combien de temps un dossier clos reste sur le disque.

Indexer des pièces expose aussi au document piégé : une consigne cachée peut fausser la synthèse sans rien envoyer dehors. Le réflexe est dans la sécurité d’un RAG local. Hors ligne ne veut pas dire hors erreur. Entre deux visites, modèle et logiciel restent ceux du dernier passage. Demandez la fréquence, ce qui est inclus, et la réaction si une faille est connue trois semaines après. Qui décide que le modèle européen a « atteint le niveau requis » ? Si seul l’éditeur peut changer les poids, l’agnosticisme est une feuille de route. Vérifiez que la machine déjà dimensionnée pourra porter le suivant : quel matériel.

Prix, qualité, alternatives

Le prix n’était pas sur la page lue pour cette fiche. N’en inventez pas à partir d’une rumeur. Le site propose un cadrage du dimensionnement, réponse annoncée sous 48 heures ouvrées. Rangez le chiffre avec le coût réel : achat, électricité, visites, temps de formation, abonnements que la machine est censée remplacer. Aucun score public ne dit si Nomos « écrit mieux » qu’un assistant cloud. Le protocole tient sur des dossiers fictifs que vous maîtrisez : dix pièces contradictoires, une chronologie piège, un de vos modèles d’acte, trois questions dont la réponse n’est pas dans le dossier. Faites relire par quelqu’un qui n’a pas vu la démo. Si l’épreuve hors présentation est refusée, vous n’avez vu qu’un théâtre. On n’achète pas une diminution du devoir de conseil. On achète, au mieux, un gain de temps sur le tri.

Deux voisins sont écartés par le site : le cloud, même français, parce que les données sont chez un tiers ; l’assistant grand public, à cause du secret. Une troisième voie existe pour qui a la compétence : installer soi-même. Les logiciels sont comparés dans le comparatif d’outils locaux, et le cadre si vous hébergez est dans héberger son modèle. Le local maison exige quelqu’un qui tient mises à jour, sauvegardes, accès, et qui sait dire non au Wi-Fi « pour dépanner ». Nomos vend le paquet déjà cadré pour des associés qui ne veulent pas administrer un serveur. Pour un cabinet sans profil technique durable, le paquet peut être plus sérieux qu’un GPU oublié sous le bureau. Pour une direction informatique déjà en place, il peut être cher en échange d’une discipline que vous savez tenir. La grille de local ou cloud passe avant la visite du commercial seul.

Avant de signer, six vérifications

1

Écrire le besoin

Trois tâches : tri de pièces, chronologie, projet d’acte sur vos modèles. Si le besoin est « être à jour du droit sans bibliothèque », une machine hors ligne n’est pas la réponse.

2

Lire le schéma

Chemin des documents, absence de sortie, sauvegardes, départs, rôle du NFC. Faites-le dessiner sur place.

3

Nommer le modèle

Version, date, licence, audit, qui peut en changer, délai entre deux maintenances physiques.

4

Lire le contrat avec le secret

Propriété, maintenance, ce que voit l’intervenant, réversibilité, sort des données. Faites lire par un conseil, pas par cette fiche.

5

Éprouver sur du fictif

Pièces longues, une contradiction cachée, une question sans réponse dans le dossier. Pas de vrai dossier « pour voir » pendant la démo.

6

Chiffrer le complet

Matériel, visites, temps humain, abonnements réellement arrêtés. Décidez pour une durée, avec une date de revue. Les 48 heures annoncées servent à obtenir les lignes, pas à signer dans la foulée.

Dans une étude des Hauts-de-France

Scène pédagogique, pas un client de l’éditeur : un cabinet lillois découvre que des collaborateurs collent déjà des extraits dans un assistant personnel. Une machine isolée ne sert à rien si les comptes personnels sur les dossiers continuent. Écrivez l’interdiction du cloud grand public pour les pièces en même temps que l’essai. À Douai ou Amiens, le dimensionnement doit porter sur les utilisateurs simultanés, la taille des pièces et le lundi matin, pas sur une question de démo. À Arras ou Boulogne-sur-Mer, le piège supplémentaire est la sauvegarde « chez le neveu », dans un sac. Le hors ligne du calcul ne protège pas ce disque. Pour la déontologie, l’ordre et les confrères priment sur un fil généraliste : apportez le contrat, pas la capture de la page d’accueil.

Le site étend le principe aux directions juridiques. L’architecture peut être la même. Le cadre non. Un juriste d’entreprise n’est pas, par ce seul titre, dans l’article 66-5. Il est souvent dans le secret des affaires, le RGPD, parfois des données plus sensibles. « Où le calcul a-t-il lieu ? » reste une bonne question. « Donc nous sommes en règle » reste faux tant que finalité, durée et habilitations ne sont pas écrites. Pour une ETI à Valenciennes ou un siège à Lille : qui, un mardi, sait si la machine est à jour et où part la sauvegarde ? Si la réponse est seulement « le prestataire », le discours « pas de sous-traitant » et le registre ne coïncident pas.

Le journal du projet

L’accueil renvoyait, lors de cette lecture, vers trois textes de l’éditeur : le 12 septembre 2026, « Envoyer une pièce de dossier à une IA cloud : où passe la ligne ? » ; le 2 septembre 2026, « Retirer les noms avant ChatGPT ne rend pas un dossier anonyme » ; le 28 août 2026, « Le Cloud Act ne s’applique pas à une machine que personne n’exploite pour vous ». Lisez-les comme ses arguments. Le deuxième rappelle une limite utile : dates, montants, juridiction et enchaînement réidentifient une affaire même sans les noms. Cela vaut contre le réflexe « je colle quand même, mais sans l’en-tête ».

Pour aller plus loin : local ou cloud, le coût complet, installer soi-même, sécuriser un RAG, les données. L’offre : nomos-avocat.fr. Les échanges de pratique, sans transformer un dossier réel en exemple public : l’agenda et l’inscription.

Questions fréquentes

IAHDF a-t-il testé la machine Nomos ?

Non. Cette fiche s’appuie sur le site public lu le 27 septembre 2026. Pas de mesure de vitesse, pas de note, pas de retour client. Un essai sérieux se fait chez vous, sur pièces fictives, avec le schéma et le nom du modèle. IAHDF n’est pas partenaire et n’a pas de commission sur un contact.

Est-ce compatible avec l’article 66-5 ?

Le site présente cette compatibilité comme la raison d’être du dispositif : pas de transmission à un tiers, matériel possédé dans les locaux. C’est une architecture qui prend le secret au sérieux. Ce n’est pas, seule, une conformité. Maintenance, sauvegardes, accès et contrat comptent autant que l’absence de box sur la tour. Faites lire l’ensemble par votre ordre ou par un conseil.

Si les modèles sont d’origine chinoise, le hors ligne suffit-il ?

Le site répond que des poids ouverts, chargés une fois et exécutés sans réseau, ne peuvent rien émettre, et qu’un modèle européen pourra suivre. L’argument tient si l’isolation est réelle. Il ne dit rien de la qualité ni de la licence. Exigez le nom du modèle servi. La page d’accueil ne le donne pas : ne l’inventez pas.

Combien coûte Nomos ?

Le prix n’était pas affiché sur la page utilisée ici. Le site annonce un cadrage sous 48 heures ouvrées. Comparez ensuite le chiffre au coût complet : matériel, visites, formation, abonnements réellement arrêtés. Un montant isolé ne dit pas si l’offre est chère.

Peut-on faire la même chose avec un outil local libre ?

Oui, si quelqu’un tient l’isolation, les mises à jour, les droits et les sauvegardes dans la durée. Voir les outils locaux. Nomos vend ce paquet déjà cadré pour un cabinet qui ne veut pas administrer un serveur. Les deux voies se jugent sur les mêmes lignes : où vont les pièces, qui maintient, quelle qualité sur du fictif, quel coût complet.

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